On pense souvent que le danger de glissade à moto est réservé à l'hiver ou aux matinées humides. Pourtant, il existe un phénomène particulièrement traitre qui peut survenir en plein mois de juillet : le verglas d’été.
Lorsqu'une période de forte canicule est interrompue par une pluie subite, les conditions d'adhérence deviennent critiques. Voici pourquoi vous devez redoubler de vigilance.
Le mécanisme : pourquoi ça glisse ?
Après plusieurs jours de chaleur intense, la chaussée accumule des substances diverses : résidus de gomme de pneus, poussières, pollens, et surtout, dépôts d'hydrocarbures (huiles et carburants qui s'échappent des moteurs et se fixent dans les pores du bitume).
En temps sec, ces éléments sont « collés » au sol par la chaleur. Lorsque la pluie commence à tomber brutalement après une longue période de sécheresse :
- L'effet émulsion : Les premières gouttes d'eau ne nettoient pas immédiatement la route. Elles se mélangent aux huiles et aux poussières pour former une pellicule grasse et savonneuse.
- L'absence d'absorption : Le bitume surchauffé et sec n'absorbe pas l'eau instantanément. La couche de liquide reste en surface, créant un véritable film glissant.
C’est ce mélange qui transforme la route en patinoire : c’est le fameux verglas d’été.
Les zones à risque maximal
- Les intersections et feux rouges : Là où les véhicules stationnent et laissent tomber le plus d'hydrocarbures.
- Les virages serrés : Là où les forces centrifuges sur une surface glissante pardonnent peu.
- Les marquages au sol : Les bandes blanches deviennent de véritables savonnettes, bien plus glissantes que le goudron lui-même en ces conditions.
Mes conseils pour garder le contrôle
Si vous êtes surpris par une averse alors que le bitume est brûlant :
- La règle des 15 minutes : C’est le temps critique. Juste après le début de l'averse, l'adhérence est à son pire niveau. Si vous le pouvez, arrêtez-vous dans un endroit sûr et attendez que la pluie ait eu le temps de "laver" la chaussée.
- Souplesse absolue : Évitez tout mouvement brusque. Pas de freinage réflexe en plein virage, pas d'accélération violente. Gérez vos gaz avec une douceur extrême.
- Regard loin devant : Ne fixez pas le sol devant votre roue. Anticipez la trajectoire et repérez les zones où l'eau stagne.
- Gestion des pneus : Assurez-vous d'avoir une pression correcte. Un pneu sous-gonflé ou trop usé ne parviendra pas à évacuer correctement ce mélange gras.
En résumé : La première pluie après une période de canicule est bien plus dangereuse qu'une pluie fine en automne. Restez humble face à la route, et si le bitume commence à briller de façon suspecte, levez le pied.
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